Questions piège en entretien d’embauche

Lors d’un entretien d’embauche, il n’est pas rare que le recruteur te pose des questions piège. Alors comment y répondre efficacement et faire la différence face aux autres candidats ?

Qu’est-ce qu’une question piège ?

Une question piège n’est pas une question du type : « quels sont vos défauts ? » « Pourquoi vous et pas un autre ? » En effet, ces questions sont régulièrement posées en entretien. Le candidat peut donc s’y préparer. Je te l’accorde, les réponses ne sont pas toujours simples. Y répondre efficacement demande un peu de préparation.

Une question piège est une question que l’on ne voit pas venir. C’est une question à laquelle il était difficile de s’y préparer puisqu’on ne pensait pas qu’elle pourrait être posée par le recruteur. 

Par conséquent une question piège est une question qui ne fait pas partie des grands classiques ! Impossible d’anticiper ce genre de question. Elle est propre au recruteur. 

Pourquoi un recruteur pose-t-il des questions piège ?

  1. Le recruteur souhaite départager les candidats. Il a rencontré 2 ou 3 candidats qui ont le même profil, les mêmes compétences, il imagine donc départager ces candidats avec une ou plusieurs questions piège. Il peut ainsi comparer les réponses, la réaction, le comportement face à ce type de question. 
  2. Si tu as bien préparé ton entretien, tu réponds facilement aux questions classiques qui te sont posées. Tu réponds tellement facilement que l’entretien peut avoir « un gout un peu fade » pour le recruteur. Il va donc essayer de te déstabiliser, de voir comment tu réagis à une question à laquelle tu n’étais pas préparé. 
  3. Le recruteur peut également voit comment tu réagis sous la pression. Le poste que tu convoites nécessite peut-être de rester calme, serein, d’affronter des difficultés…il te met donc à l’épreuve.

Les différents types de questions piège

  1. Les questions liées au comportement, à l’attitude du candidat = ce sont des questions relatives à l’attitude du candidat. Elles peuvent porter sur la tenue vestimentaire, sur le langage non verbal, sur l’intonation de la voix. Clairement, ces questions ont pour objectif de déstabiliser complètement le candidat, de le mettre sous pression et de juger sa capacité à encaisser la critique.
    • Pensez-vous être correctement habillé pour cet entretien ?
    • Vous semblez fermé, êtes vous mal à l’aise ?
    • Vous êtes timide non ? Car je recherche quelqu’un d’avenant pour ce poste.
    • Êtes vous toujours nonchalant ?
    • Vous posez beaucoup de questions sur les conditions de travail. Mais le poste en lui même ne vous plait pas ?
    • Pensez-vous être convaincant ?
  2. Les questions techniques, spécialisées = ce sont des questions pointues, en lien direct avec les spécificités du métier, du poste. Elle sont de nature à tester les connaissances du candidat et à analyser la manière dont ce dernier répond. En effet, pour le recruteur, il est intéressant de voir si le candidat répond, même s’il ne connait pas la réponse, ou s’il avoue ne pas avoir la réponse.
    • Que prévoit le dernier décret sur l’assurance retraite ?
    • Quel est le Prix Moyen de Vente du produit A sur le marché ?
    • Que pouvez-vous me dire sur la réforme de la formation professionnelle ?
    • Sur Excel pour rechercher une référence en lien avec un produit, vaut-il mieux privilégier la recherche V ou la Recherche H
  3. Les questions de mise en situation = Le recruteur imagine une situation professionnelle avec une problématique précise et te demande comment tu te comporterais dans une tel cas. Quelle serait ta réaction et comment résoudrais-tu la problématique. Le recruteur souhaite en savoir davantage sur tes « soft skills » sur ton savoir-être. C’est un moyen pour le recruteur, de te projeter sur le poste.
    • Vous travaillez sur un sujet, votre chef vous indique la marche à suivre, vous n’êtes pas d’accord avec lui, comment vous comportez-vous ?
    • Vous vous apercevez qu’un collègue se sert de son statut à des fins personnelles. Que faites-vous ?
    • Votre chef vous demande de boucler une présentation pour demain. Vous n’avez pas le choix mais vous savez que c’est impossible, que vous n’aurez pas le temps. Que faites-vous ?
    • Vous faites face à un client exigent, à la limite de l’insolence. Quelle attitude adoptez-vous ?

Comment répondre efficacement aux questions piège ?

Lorsque le recruteur te pose une ou des questions piège, tu dois faire attention à ne pas tomber, justement, dans certains de ces pièges. Je te rappelle que le but de ces questions n’est pas d’évaluer ta culture générale, mais ta façon de te comporter face à une difficulté.

  • Tu dois donc ABSOLUMENT éviter de répondre trop rapidement et trop brièvement aux questions qui te sont posées. On ne répond pas du « tac au tac ». Ne rentre pas dans ce jeu qui consisterait à répondre rapidement à chaque question posée. Le recruteur se ferait un malin plaisir de te poser des questions de plus en plus dures, de plus en plus « tordues » auxquelles il serait difficile de répondre. Bref, à ce jeu, tu seras perdant ! Prends quelques instants pour répondre. Prépare ta réponse, n’hésite pas à te laisser du temps avant d’émettre un argument.
  • Autre piège dans lequel ne pas tomber : Si tu ne connais pas la réponse à une question, il vaut mieux dire que tu ne sais pas, plutôt que d’essayer de répondre. Le recruteur préfère un candidat honnête, capable d’avouer qu’il ne sait pas, plutôt qu’un candidat qui va « baratiner ». En effet, si tu ne connais pas la réponse, tu vas avoir tendance à émettre des hypothèses, parfois farfelues et je peux t’assurer que ce n’est pas l’attitude recherchée par un recruteur.
  • Enfin, l’idéal est évidemment d’illustrer chacun de ses propos d’exemples concrets. Lorsque tu réponds à une question piège, que cette question soit technique, liée à ton comportement ou à une mise en situation, tu dois apporter la preuve de ce que tu dis. Par exemple à la question : « Que ne doit pas faire un manager ? » tu peux répondre « Le rôle de manager peut être difficile. Il faut rester à l’écoute de son équipe. Une erreur serait de se couper des membres de son équipe et de s’isoler. Dans mon poste précédent, je faisais un point de 15 minutes chaque matin sur les priorités de la journée. Si un membre de mon équipe n’était pas d’accord nous débattions tous ensemble pour ajuster les priorités« . Donner un exemple permet de prouver ce que tu dis. Le recruteur reçoit l’information que tu as déjà été confronté à ce type de situation et que tu sais y faire face.

Comment être toujours prêt face à des questions piège ?

Qui dit questions piège, dit questions que tu n’a pas préparées. En effet, il est impossible de toutes les lister. Toutefois, je t’explique comment faire face à quasiment toutes les questions piège.

Prenons comme image, une commode. Imagine toi en été, il fait beau et chaud, cela fait plusieurs jours que tu t’habilles en short/jupe t-shirt/débardeur. Mais voila, aujourd’hui il pleut et il fait froid. Heureusement, dans un des tiroirs de ta commode tu as des vêtements chauds. Tu vas pouvoir ressortir ton jeans, ton pull et tes chaussettes en laine.

Eh bien ce temps pluvieux et froid, c’est ta question piège. Elle se présente quand tu t’y attends le moins. Mais ce n’est pas grave, car dans un des tiroirs de ta commode tu as prévu des éléments de réponses adaptables à chaque question piège ou à chaque jour pluvieux 🙂

  1. Exemple d’un échec : évidemment échec ne veut pas dire catastrophe impossible à surmonter. Au contraire, remémore toi un échec que tu as su surmonter et par quels moyens.
  2. Exemple d’une réussite : A l’inverse remémore toi ton plus grand succès et explique comment ce projet/mission/initiative a pu devenir une grande réussite.
  3. « Je ne sais pas » : Il y a peut-être une question à laquelle tu ne sauras pas répondre. Prépare donc ta réponse « je ne sais pas ». Car le recruteur préfère un candidat qui avoue ne pas savoir plutôt que de « baratiner » et se perdre en arguments totalement farfelus.
  4. Avoir en magasin une difficulté rencontrée = l’idée, ici, est d’avoir un exemple d’une difficulté professionnelle à laquelle tu as été confrontée et que tu as pu résoudre. Tu dois aussi réfléchir aux mots que tu vas utiliser pour expliquer la manière dont tu as résolu cette difficulté.
  5. Une initiative marquante : Même exercice mais cette fois avec une action/projet pour lequel tu es l’initiateur. Prépare quelques phrases qui expliquent quelle initiative tu as prise et pour quelle raison. Et quel résultat as tu atteint.
  6. Une nouvelle organisation mise en place : qui n’a pas connu une réorganisation professionnelle une fois dans sa vie. Un changement dans l’organigramme, un service qui change de rattachement, la création d’un nouveau métier dans l’entreprise. Il y a beaucoup d’exemples. L’idée est d’expliquer quel a été ton attitude vis à vis de ce changement. Évidemment tu dois expliquer que tu as déjà été confronté à un changement et que tu l’as relativement bien vécu parce que tu étais préparé…
  7. Résolution d’un problème technique : prépare un exemple d’une spécificité que tu as résolue et qui est spécifiquement liée à ton métier.
  8. Un exemple d’une situation particulièrement stressante et la manière dont tu as géré cette situation : le recruteur pourrait poser ce genre de question pour connaître ton niveau de gestion de stress. Tu dois rassurer ce dernier en lui expliquant que tu as été confronté à une situation très délicate. Et qu’avec ce que tu as mis en place tu as pu surmonter cette difficulté. 
  9. Apprentissage accéléré : peut-être que tu as déjà été confronté à une situation dans laquelle tu as du très vite apprendre, très vite te former pour réaliser une tâche un projet. Identifie cette situation et passe en revue les éléments qui t’ont permis de te former/d’apprendre rapidement et les moyens mis en œuvre.
  10. Capacité d’argumentation : Encore une fois l’idée est de prouver au recruteur que tu sais argumenter face à n’importe quel type de situation. Cette capacité est d’autant plus importante si le recruteur te pose une question piège du type « mise en situation ». Trouve un exemple qui illustre que tu as su argumenter sur un dossier, sur une  divergence avec ton chef, avec des collègues…

Ces 10 tiroirs de commode te permettront de répondre à la majorité des questions piège. Attention tu dois avoir en mémoire ces 10 tiroirs pour que ta réponse soit fluide et que tes propos soient clairs et appréciés du recruteur.

Je t’invite également à lire l’article que j’ai rédigé sur les principales questions posées par les recruteur et la manière d’y répondre. c’est un article complémentaire à celui-ci.

Malgré cet article, si tu ressembles toujours à une poule qui a trouvé un couteau, je ne sais plus quoi faire pour toi 🙂 Tu as toutes les cartes en main pour être à l’aise devant le recruteur.

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